Quarantined Saliva (Les Sentiments Océaniques)

Art Au Centre #6, Liège, été 2021

Impression sur papier blueback, huile sur toile, céramique.

Animal anguilliforme des fonds marins, la myxine tire parti de l’eau de mer pour produire un genre de mucus afin de se défendre. Elle rejette une substance chimique par une rangée de pores disposés sur ses flancs. Ces produits chimiques réagissent immédiatement avec l’eau de mer pour former un mucus filamenteux. Quand le prédateur inhale ce produit, il suffoque. Pour se protéger de son propre mucus, la myxine s’enroule de façon à former un noeud qu’elle glisse ensuite sur toute la longueur de son corps afin de l’essuyer.

C’est cette matière, qui protège autant qu’elle tue, qui forme le point de départ de cette installation, et la nature du montage photographique qui la compose. Il est courant dans mon travail que peinture, sculpture et photographie soient amenées à dialoguer au travers de corpus iconographiques prenant leur source à divers endroits. Ici, le cadre d’une peinture devient sculpture, la photo devient décor, chaque médium vient étayer le propos de l’autre.

Quarantined Saliva vient questionner le rapport ambigu que l’on possède avec les fluides corporels. Repoussants, ils sont pourtant au coeur de nombreuses croyances, et le meilleur moyen par lequel représenter et questionner les corps et leur intériorité. Ils convoquent la brillance, le mouvement cyclique, servent de métaphore à l’expression de nos émotions, et enfin possèdent un puissant caractère sexuel. Pouvant être doux ou toxiques , ils dévoilent une intimité qui se déverse ; une intimité isolée par cette vitrine qui pourtant la valorise.